Ce lexique rassemble les mots et phrases de base du slovène avec une prononciation adaptée aux francophones. La source, Wikivoyage, note la prononciation à l’anglaise : la conversion est notre propre travail d’adaptation. Il traite aussi des lettres č, š, ž et du duel grammatical.

Apprendre vingt phrases d’une langue avant de partir change la nature d’un voyage. En slovène, l’effort est modeste et la récompense réelle. Ce lexique ne prétend pas enseigner la langue : il vise à vous permettre de saluer, de demander, de remercier et de payer, en sachant prononcer sans trébucher les trois lettres qui font l’identité visuelle du slovène écrit.

Il comporte une particularité qu’il vaut mieux annoncer d’emblée. La source du vocabulaire est Wikivoyage, dont la notation de la prononciation est faite à l’anglaise. Un francophone qui lirait « ZHEE-vyoh » sans précaution prononcerait mal. Nous avons donc converti chaque prononciation, et cette conversion est notre propre travail d’adaptation, non une donnée sourcée.

Une langue de moins de trois millions de locuteurs

Le slovène compte environ 2,5 millions de locuteurs natifs, selon une estimation de 2010. Le pays comptait, lui, 2 135 107 habitants au 1er janvier 2026 d’après l’office statistique national. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose et ne datent pas de la même année : il serait imprudent de les rapprocher pour en tirer une proportion.

Ce qui frappe est la diversité interne de cette petite langue. Un décompte recense environ 48 dialectes non standardisés ; d’autres décomptes les regroupent en 7 groupes. Cette divergence n’est pas une erreur : tout dépend de la maille retenue. Pour le voyageur, l’enjeu est ailleurs, et les premiers échanges se feront le plus souvent en ville : la rubrique villes slovènes présente les étapes principales où ces mots serviront. La forme enseignée dans ce lexique est la forme standard, et l’on peut entendre sur place des variantes régionales que cet article ne décrit pas.

Une source, une notation, une adaptation

Cette section est la plus importante de l’article pour un lecteur méfiant, car elle dit exactement ce qui est sourcé et ce qui ne l’est pas.

Voici précisément ce que nous avons fait, pour que vous puissiez en juger.

  • Le vocabulaire : repris de la page « phrasebook » slovène de Wikivoyage, une source de fiabilité moyenne. Les mots figurant dans les tableaux ci-dessous sont ceux que nous avons pu vérifier dans cette source.
  • La prononciation d’origine : notée par Wikivoyage selon les conventions de l’anglais, avec des majuscules sur la syllabe accentuée. Nous avons conservé ce repère d’accentuation.
  • La conversion : réécrite par nos soins avec des repères français. « ou » se lit comme dans « tout » ; « é » est un e fermé ; « tch », « ch » et « j » se lisent comme dans « tchèque », « chat » et « jour ».

Ces conversions sont approximatives, comme toute transcription entre deux langues. Une transcription ne reproduit jamais exactement les sons d’une autre langue : elle fournit un point d’appui pour la mémoire, et c’est dans cet esprit modeste qu’elle est proposée. Elles vous mettront sur la bonne voie sans garantir une prononciation parfaite, que seule l’écoute d’un locuteur peut donner.

Č, š, ž : les trois lettres à retenir

Le slovène utilise l’alphabet latin avec trois lettres spécifiques, qui portent un signe en forme de petit v renversé, le caron :

Lettre Son Repère français
č /tʃ/ « tch », comme dans « tchèque »
š /ʃ/ « ch », comme dans « chat »
ž /ʒ/ « j », comme dans « jour »

L’orthographe standard ne note ni l’accent tonique ni la longueur des voyelles. C’est important pour qui lit : le mot ne dit pas où poser l’accent. Les majuscules de nos tableaux sont un repère pédagogique, pas une convention du slovène écrit.

Ce que nous pouvons raisonner à partir de ces trois lettres, sans inventer de règle : le caron change la valeur de la lettre. Dans la notation de Wikivoyage, les mots « cesta » et « ulica » sont transcrits avec « ts » (TSEH-stah, OO-lee-tsah), alors que « račun » est transcrit avec « ch » anglais, soit notre « tch » (RAH-choon). Le c nu et le č ne se disent donc pas pareil, et les confondre à la lecture change le mot. Nous ne formulons aucune autre mise en garde : notre documentation ne recense pas de pièges de prononciation propres aux francophones.

Pour vous entraîner, repérez les trois lettres à caron dans les mots vérifiés de ce lexique :

Voyageuse notant des mots dans un carnet à une table de café, tasse de café et pâtisserie à côté
Quelques mots appris à l’avance changent la manière dont on est accueilli.
  • ž dans « Živjo » ;
  • š dans « angleško » et « stranišče » ;
  • č dans « račun », « pomoč », « rdeče » et « stranišče ».

« Stranišče » est le mot le plus complet pour s’exercer, puisqu’il réunit un š et un č. Le dire à voix haute, lentement, en séparant « stra-nich-tché », est un bon test : si les deux sons se distinguent, les lettres sont acquises. Cette méthode est la nôtre, elle n’émane pas d’une source, et elle ne remplace pas l’écoute d’un enregistrement.

Saluer et remercier

Les formules de politesse sont les premières à apprendre, parce qu’elles servent partout : dans un commerce, à l’entrée d’un restaurant, à la réception d’un hébergement. Deux façons de saluer figurent dans notre source, « Živjo » et « Zdravo », données ensemble comme équivalents de « salut » ou « bonjour ». Nous ne les distinguons pas par registre, faute d’information fiable sur ce point.

Français Slovène Wikivoyage (notation anglaise) Adaptation francophone
Salut, bonjour Živjo / Zdravo ZHEE-vyoh / ZDRAH-voh JI-vyo / ZDRA-vo
S’il vous plaît Prosim PROH-sihm PRO-sim
Merci Hvala HVAA-lah HVA-la
Oui / non Da / Ne dah / neh da / né
Pardon, excusez-moi Oprostite oh-prohs-TEE-teh o-pros-TI-té
Au revoir Nasvidenje nahs-VEE-deh-nyeh nas-VI-dé-gné

« Živjo » commence par le ž : un francophone dira naturellement « j ». Quant à « Hvala », la source note un h initial (HVAA-lah) que notre transcription ne rend pas distinctement : cette nuance reste à entendre auprès d’un locuteur.

Se faire comprendre et demander son chemin

Lorsque la compréhension échoue, mieux vaut disposer de quelques phrases de repli que d’un vocabulaire étendu. Celles qui suivent couvrent les situations les plus courantes : demander si l’on parle anglais, signaler que l’on ne comprend pas, chercher des toilettes, appeler à l’aide.

Les phrases de survie tiennent en peu de mots :

Français Slovène Adaptation francophone
Pour passer Samo malo, prosim sa-MO MA-lo PRO-sim
Parlez-vous anglais ? Govorite angleško? go-vo-RI-té an-GLÈCH-ko
Je ne comprends pas Ne razumem né ra-ZOU-mam
Où sont les toilettes ? Kje je stranišče? kyé yé stra-NICH-tché
Au secours Na pomoč na po-MOTCH

Les deux premières phrases fonctionnent en tandem : « Govorite angleško ? » pose la question, et « Ne razumem » permet de dire que l’on n’a pas compris la réponse. Nous n’avons en revanche pas de version vérifiée de « Parlez-vous français ? », que notre source ne couvre pas.

Commander et payer

Au restaurant comme au comptoir, quelques mots suffisent pour se faire servir. La liste ci-dessous reste volontairement courte : elle ne contient que des mots confirmés par la source, ce qui exclut de nombreux plats et boissons que nous aurions aimé inclure.

Pour les achats et les repas, le vocabulaire vérifié est le suivant.

Français Slovène Adaptation francophone
Combien ça coûte ? Koliko stane to? ko-LI-ko STA-né to
L’addition Račun, prosim RA-tchoun PRO-sim
Eau voda VO-da
Vin rouge / blanc rdeče / belo vino RDÉ-tché / BÉ-lo VI-no
Bière pivo PI-vo
Pain kruh krouh

Pour aller plus loin sur ce que l’on trouve dans le verre, notamment le cviček, assemblage de rouge et de blanc, la rubrique gastronomie et vins détaille les régions viticoles du pays. Nous ne donnons ici aucun prix : notre documentation n’en fournit pas de fiable pour un café, une bière ou un repas.

Voyageuse demandant son chemin à un habitant souriant devant la fontaine d’une petite place de ville
Demander son chemin reste un bon moyen de pratiquer ses premières phrases.

Trois petits scénarios

Les mots vérifiés se combinent facilement. Voici trois enchaînements qui n’utilisent que le vocabulaire des tableaux.

  1. Au marché : « Živjo. Koliko stane to ? » (JI-vyo. ko-LI-ko STA-né to), puis « Hvala. Nasvidenje. » (HVA-la. nas-VI-dé-gné).
  2. À table : « Pivo, prosim » (PI-vo PRO-sim) pour la bière, « Voda, prosim » (VO-da PRO-sim) pour l’eau, et en fin de repas « Račun, prosim » (RA-tchoun PRO-sim).
  3. Dans la foule : « Samo malo, prosim » (sa-MO MA-lo PRO-sim) pour passer, ou « Oprostite » (o-pros-TI-té) pour attirer l’attention.

Ces scénarios sont des assemblages de mots vérifiés. Ils n’ont pas été validés par un locuteur natif, et nous ne garantissons pas qu’ils soient les tournures les plus naturelles en toutes circonstances. Ils sont grammaticalement simples : chacun repose sur un mot isolé ou sur une phrase déjà donnée plus haut. Leur intérêt est surtout de montrer qu’avec très peu de matériel, on peut mener un échange complet, de la salutation au paiement.

Rue, place, route : lire les panneaux

Deux mots de voirie sont vérifiés : cesta (la route) et ulica (la rue), ainsi que trg, la place. Leur prononciation adaptée est « TSÉ-sta », « OU-li-tsa » et « teurg ». Le dernier mot est le plus déroutant pour un francophone, car il ne comporte aucune voyelle écrite. La transcription « teurg » n’est qu’un pis-aller.

Ces mots servent à lire une adresse, et plus largement à décoder les panneaux d’un centre-ville. Savoir qu’un panneau désigne une rue, une place ou une route suffit souvent à s’orienter quand on cherche un hôtel, un restaurant ou une gare. Ils prennent tout leur sens en ville, où les noms de rues et de places structurent le repérage : la rubrique consacrée aux villes présente les principales. Au volant, les règles locales de circulation sont exposées dans l’article sur la conduite en Slovénie.

Des mots du paysage, à utiliser avec prudence

Notre brief de travail comportait des mots que la source principale ne confirme pas. Nous les donnons à titre indicatif, sans garantie de source, et nous ne proposons pas de prononciation pour eux faute de notation fiable.

  • Dober dan (bonjour) et na zdravje (santé), ainsi que l’expression « Parlez-vous français ? », ne sont pas confirmés par la source.
  • Gora (montagne), jezero (lac), reka (rivière), jama (grotte).
  • Cerkev (église), grad (château), most (pont).
  • Koča (refuge) et pot (chemin).

Ces mots sont utiles pour comprendre une carte ou un panneau de randonnée, notamment dans les Alpes juliennes, mais aucune source vérifiée ne les confirme dans notre dossier. En cas de doute, faites-les confirmer par un interlocuteur local.

Le duel et les autres langues du pays

La particularité grammaticale la plus célèbre du slovène est le duel. En plus du singulier et du pluriel, la langue possède un nombre grammatical spécifique à deux éléments, qui s’applique aux noms, aux adjectifs et aux pronoms. Cette particularité est rare, et c’est ce qui fait de ce trait un objet de curiosité. Nous n’en donnons pas les formes, que notre documentation ne détaille pas, et nous ne risquerons pas d’exemple de mémoire : une forme de duel mal restituée serait pire qu’une absence d’exemple.

Pour le voyageur, la conséquence pratique est limitée mais réelle. Les phrases de survie de ce lexique sont des formules figées, qui n’exigent aucune connaissance de la grammaire. En revanche, dès que l’on veut construire ses propres phrases, par exemple pour parler de deux personnes, la présence d’un nombre supplémentaire complique les accords des noms, des adjectifs et des pronoms. C’est une raison de plus de s’en tenir aux formules données plus haut tant que l’on ne dispose pas d’un manuel complet.

Le slovène n’est pas la seule langue reconnue sur le territoire. Le hongrois et l’italien sont officiels dans les zones mixtes ; le hongrois est même co-officiel dans 30 localités réparties sur 5 communes. Le romani bénéficie d’une protection. Ces trois statuts sont rappelés ici pour situer le slovène dans son paysage linguistique : la langue du voyageur n’est pas la seule à être inscrite dans le droit du pays.